4×4 n°16 décembre 2009

L’ÉDITORIAL de Patrick Colombier La crise | p. 1

Nos engagements… Piqûre de rappel | p. 2, 3 et 4

Le Grand Paris, chronique d’une grande illusion
par Jean-Paul Scalabre | p. 5

Développement durable
Quelques réflexions sur l’évolution du métier par Marc Dauber
| p. 6 et 7

La tête dans le sable | p. 8 et ci-dessous

IMPORTANT ! La tête dans le sable |

Crise ou pas, les architectes ont depuis toujours une forte tendance à l’isolement, lié sans doute au mode de pratique du métier, mais aussi à un certain fatalisme issu du constat qu’en France l’architecte n’apparaît pas comme un acteur indispensable de la société. Quand on parle d’architecture, les responsables politiques et la presse se précipitent sur nos quelques stars ; c’est ignorer le travail essentiel que font tous les autres chaque jour pour faire progresser cet art difficile. Les quelques militants des syndicats comme ceux qui s’engagent dans les divers ordres régionaux ont bien du mal à faire progresser les conditions d’exercice de la profession, tant au niveau de l’État que des divers décideurs.

Notre rôle aujourd’hui est de parer aux attaques multiples dont nous sommes l’objet, de la part des maîtres d’ouvrage comme de celle de nos partenaires de la maîtrise d’œuvre. Comme vous le lirez dans ce journal le surplus de travail qui nous est aujourd’hui demandé par les divers règlements d’accessibilité, de développement durable et autres ne s’est pas traduit par les ajustements de nos honoraires indispensables. Pis, nos partenaires de la maîtrise d’œuvre contestent notre rémunération par rapport à la leur. Les architectes français ne sont pas les seuls à se complaire dans l’isolement. Les travaux du Conseil des Architectes d’Europe auxquels nous participons depuis quelques années montrent que nos collègues européens ne sont pas mieux lotis. Les 480 000 architectes recensés en Europe comme les 27000 que nous sommes en France ne représentent pas une puissance électorale suffisante pour que les politiques se soucient prioritairement de leur état, même si dans certains pays d’Europe les architectes sont un peu plus respectés que chez nous.

Notre journal se fait rare pour la bonne raison que les actions que nous menons tous les jours nous laissent trop peu de temps pour communiquer. Nous avons besoin des contributions de chacun pour étayer nos argumentaires dans les différentes sphères que nous côtoyons, alors n’hésitez pas à nous écrire, nous pourrons ainsi faire partager au plus grand nombre les réalités de notre pratique professionnelle et combattre plus efficacement ceux qui ne cherchent qu’à être nos fossoyeurs.

Chacun connaît l’image de l’autruche qui se met la tête dans le
sable et le derrière en l’air… je vous laisse conclure sur cette position carrément risquée !