COMMUNICATION DU SYNDICAT AU CAE A BRUXELLES FEVRIER 2011

POUR UNE POLITIQUE URBAINE ECLAIREE

Groupe de Travail : Logement

 

 

La situation du logement et en particulier du logement social dans les 27 états membres de l’Europe est très diverse si l’on compare les pays du nord, ceux du sud et ceux de l’est.

On trouve 3 logements sociaux pour mille habitants en Espagne, 70 en France et 147 aux Pays Bas.

L’Allemagne a pratiquement vendu tout son parc locatif, quant aux pays de l’Est, après 1990 l’ensemble du parc locatif a été cédé.

On observe également un retrait des états en ce qui concerne la gestion directe du logement social au profit des collectivités locales et l’apparition d’acteurs de droit privé dans la réalisation et la gestion des opérations.

 

Il semble donc difficile d’imaginer une quelconque uniformisation des politiques concernant le logement tant les bases culturelles sont différentes ; tout au plus pourra-t-on attendre des déclarations communes sur le droit au logement et sur l’inclusion des populations immigrées.

 

Par contre la grande majorité des états se trouve confrontée aux problèmes de la ville engendrés par de multiples facteurs, les migrations vers les pôles d’emploi, l’immigration, l’insécurité dans les banlieues délaissées, la recherche de cohésion sociale, les conséquences néfastes de l’étalement urbain sur les économies d’énergie et sur le coût des infrastructures et des équipements.

 

Logement, métamorphose urbaine et économies d’énergie sont indissociables et doivent être considérés comme un tout que l’on peut nommer « HABITER »

 

Les architectes, par leur formation et leur capacité à synthétiser les multiples aspects de l’art de vivre en société se doivent de porter leur expertise auprès des pouvoirs publics dans chaque pays de l’union.

Au delà des particularismes qui font la richesse de chaque peuple, la nécessité de partager l’espace avec d’autres ethnies, d’autres religions est un fait et la ville doit favoriser la mixité sous toutes ses formes, intergénérationnelle, sociale, ethnique, fonctionnelle pour permettre au plus grand nombre de bénéficier des investissements préexistants dans les domaines des infrastructures, des équipements culturels, de santé et de services.

Le développement anarchique des grandes mégapoles montre l’urgente nécessité de prévoir tous ces flux migratoires et d’imaginer les structures urbaines capables de les accompagner. Le travail sur la ville ne peut laisser indifférent quelque état que ce soit.

Partout dans le monde on voit les architectes se pencher sur ce problème de la densité dans les agglomérations. Beaucoup d’études se portent vers des densifications verticales qui correspondent sans doute à des modes possibles d’habitat collectif mais pas forcément à notre culture européenne. Beaucoup reste à inventer autour de nos cultures spécifiques et la densité n’est pas forcément synonyme de verticalité.

 

Si le rôle du C.A.E est de parer aux mauvais coups que la Commission de Bruxelles est capable de nous porter (formation, directive service, pratique professionnelle…) il se doit aussi d’apporter aux politiques l’éclairage de la réflexion des architectes sur l’avenir de nos sociétés, il doit être une force de proposition. Il doit se positionner dans les lignes d’attaque et ne pas se contenter de défendre ses remparts…

 

C’est pourquoi, sans vouloir perturber l’organisation actuelle du groupe de travail, je souhaite que l’on réfléchisse aux moyens de créer des relations permanentes entre les sous-groupes DU TA3 « Qualité de vie ».

 

Urbanisme, logement, développement responsable doivent travailler ensemble pour établir une sorte de charte de la ville à venir, capable d’effacer les frontières qui séparent encore nos différentes nations.